Arrivée à la cabane de la Mie vers 17 heures 30 (3/4 d'heure de marche tranquille sauf au début où la pente est assez raide surtout quand on est à froid).
Soleil avec un peu de vent ce qui est impeccable pour éviter d'avoir trop chaud, sans oublier de boire pour autant.
J'ai donc commencé par apprécier le paysage, comme d'habitude. J'ai surtout été surpris, car la cabane a été toute refaite. C'est bien. Elle en avait besoin, plus par sa dégradation due au temps que par toutes les inscriptions que les randonneurs ont gravées dans le bois, et qui selon moi en faisaient un peu son âme. Je regrette même de ne plus pouvoir les lire. Il y en aura d'autres je le sais, mais quand même...
En montant, je n'ai pu faire autrement encore une fois à mon grand regret de constater tous ces futiles aménagements tel que l'installation de bancs et autres plates formes en bois pour y mettre des tables d'orientations, des sentiers tracés « au cordeau » qui n'ont de sentier, plus que le nom. Je me demande pourquoi l'homme estime toujours bien de foutre son nez là où il n'a pas besoin d'être ???
Au loin, j'aperçois des engins de chantier qui ont commencer à creuser des tranchées, encore pour d'éventuels aménagements en pleine montagne, sans doute une extension de la station.
La cabane a aussi été rebaptisée « Abri de la Combe Ste Marie. 1800 mètres » ; ex, donc, « cabane de la Mie ». Nostalgie, nostalgie, quand tu nous tiens...
Et oui que voulez vous, je suis un petit sensible... (on ne rie pas).
Bref, je me suis bien détendu en commençant par de la lecture au calme, seul, le bruit du vent qui souffle et qui passe entre les planches me berce.
Il est 18 heure 30 et le soleil, doucement et inlassablement, poursuit sa route en nous regardant, stoïque.
Quelques nuages arrivent par l'ouest amenés par le vent, et le soleil couchant s'empresse d'en colorer les contours de rouge et d'orange. C'est magnifique.
J'admire le spectacle tout en mangeant une soupe chaude en sachet iofilisée, du jambon
avec du pain et une tomate et pour finir, un yaourt et le tour est joué. Je vois la route en contre bas, au loin, toute petite, qui relie Valberg à Guillaume en direction des gorges du Daluis.
20 heures 30.Il fait bientôt nuit et le vent devient froid. J'allume une bougie que je place avec le plus grand soin pour éviter tout incidents. La bougie c'est pratique car c'est léger, ça ne prend pas de place et en plus ça brûle longtemps, et aussi, c'est important, c'est écologique puisqu'on n'utilise pas de pile.
Doucement, les nuages repartent d'où ils sont venus, laissant apparaître une superbe palette de couleurs orangées à travers quelques récalcitrants. Au loin dans la vallée, j'entends des moutons qui bêlent, leurs cloches et le berger qui hurle, sans doute pour les rassembler.
Le vent est maintenant en parti tomber en même temps que le soleil a disparu derrière les lointaines crêtes et qui laissent la montagne dans une brume légère, sans oublier les parfums qui remontent des pâturages et des forêts de sapins. J'ai l'impression d'être intégré dans un tableau. Une véritable aquarelle odorante.
Donc, bougie allumée, je sors mon petit livre de poche pour aller chercher le sommeil dans la lecture, une petite histoire policière sans prétention. Ce n'est pas ce que je préfère mais ça détend. Ayant préparé mon lit avant la nuit, enfin... de « lit » il n'y a là aussi que le nom. Parlons ici, plutôt de couchage qui est installé à même le planché avec pour seul confort un petit matelas mousse que l'on roule pour le transport et mon pantalon en guise d'oreiller et bien entendu un duvet.
Au bout d'un moment les yeux me piquent et je repose mon livre. Je me retourne, et par l'ouverture laissée volontairement sur la façade de la cabane et dépourvue de porte, je suis happé par la beauté de la nuit. A nouveau j'admire et ne veux pas m'endormir tout de suite. Je veux encore profiter de cet instant que m'offre notre Mère Nature.
Seul indice qui rappelle la présence trop importante de l'être humain dans cette nuit dominante et silencieuse, des lampadaires matérialisant les routes sinueuses de montagnes et quelques petits villages éclairés.
23 heures. Je souffle la flamme de ma bougie et essaie de m'endormir. C'est plutôt mal parti... une demie heure plus tard je ne dort toujours pas. Je suis surpris par le froid qu'il fait. Je ne pensais pas que j'aurai aussi froid au mois d'août, même à 1800 mètres. J'ai passé une nuit...é-pou-van-table. Trop froid. A se souvenir pour la prochaine fois. Mais il ne faut pas croire que je regrette, au contraire, ça fait parti de l'histoire et quoi que fatiguer, je me sens bien.
Après cette nuit très épisodique, emmitouflé dans mon duvet, je vois par transparence que déjà le jour se lève. Alors je commence par sortir lentement la tête du duvet, et le froid m'accueille avec vigueur et un enthousiasme certain malgré la saison. Le soleil avait déjà étalé sur les crêtes, derrière lesquelles il s'était caché la veille au soir, ses rayons matinaux.
Alors je me suis levé pour de bon en m'entourant de mon duvet pour assister au lever de « Dieu Soleil » entre mes malheureuses paupières durement entre ouvertes. En plus j'adore prendre mon petit déjeuner dehors « à la fraîche ». A ce moment, il est 7 heures.
Le vent aussi se lève et il fait froid. Je me fais un thé bien chaud que j'accompagne avec quelques biscuits. J'aime déjeuner dehors. J'aime le contraste du thé chaud avec la température froide du matin. Je me réveille doucement.
7 heure 30. Sacrilège... J'entends les engins de chantier qui démarrent, déjà prés pour leur infatigable et infinie destruction. Je décide alors de commencer à remballer mes affaires et de partir.
Le vent m'accompagnera jusqu'à la voiture, comme pour me dire ; A bientôt !
C. S Le Gaulois.
