Voici des notes d'une rando de novembre 2003 que j'ai retrouvé.
Cette rando s'appelle « Les Balcons Du Loup »
- 23,5 klm. Elle se fait normalement en 6h30 à 7h avec un dénivelé de +810 m et _810m.
Mais moi je n'aime pas faire la course, et bivouac compris sachant que les nuits en cette saison sont très longues, mes problèmes d'ampoules et mes douleurs au dos, j'ai mis 24h.
ALLER, C'EST PARTI ...
Départ du Pont Du Loup à onze heures cinquante. De suite, une forte montée pour bien commencer. Y avait longtemps que je n'avais pas fait d'exercice et là je fatigue vraiment trop vite. Au bout de vingt minutes il faut déjà que je m'arrête pour faire une pose et boire un peu d'eau. C'est lamentable. C'est vrai que ça monte pas mal et que je suis quand même bien charger car j'ai prévu de dormir dehors cette nuit. J'ai dans mon sac à dos, mon abri, duvet, récho, popote, trois litres d'eau, une petite lampe frontale, de quoi prendre quelque notes, mini pharmacie, une paire de chaussette en plus, un T.shirt, un polaire, un poncho, un petit nécessaire de toilette, et un bouquin. Pour une reprise ce n'est pas l'idéale.
Vers midi et demi, je continue ma progression le long de l'aqueduc de Foulon en direction du petit pont de Bramafan. Pratiquement toute cette partie je longe un balcon parfois à l'apique de la falaise, avec une vue sur les gorges du Loup, et il faut passer un enchaînement de, seize ou dix huit mini tunnels creusés à travers la montagne. (Dommage que je n'ai pas d'appareil photos. Il va falloir que j'investisse). Certain sont totalement baignés dans le noir et très étroits, juste un peu plus large que mon barda. Il y a quelques passages où il faut patauger un peu, sans doute dû à des fuites de l'aqueduc. Mais je garde les pieds au sec. D'ailleurs, ce serra la seule satisfaction que j'aurais de mes chaussures de marche ... NEUVES, car même avec les soit disant chaussettes de randonnée à bouclettes, j'ai les pieds en feu à l'arrière des talons et sur l'avant de mes plantes de pieds ainsi qu'aux tendons d'achile. J'ai commencé à le sentir déjà dans cette foutue montée au début de mon petit périple.
C'est vraiment bête car physiquement, je suis chaud, tout est ok, et là je vais me faire emmerder par des godasses que j'ai mal choisies. Pourtant au moment de les essayer, j'étais super bien dedans, Même lors de leur première sortie dans le Mercantour ça s'est bien passer. Et maintenant plus moyen. J'aurai mieux fait de venir avec mes baskets.
Au bout de deux heures, j'enlève mes chaussures, des grosses ampoules aux deux pieds me regardent avec l'air de dire –on va bien t'emmerder-.
Les « trucs » antiempoules n'ont pas marchés.
Temps pis, je suis là, je continue. Mais le plaisir en est un peu gâché.
A quatorze heures trente j'arrive à Bramafan, un petit hameau. Je passe le pont, à gauche c'est direction Gréolière, je prends à droite vers Courme. Trois kilomètres et demi par la route jusqu'au village. Une fois atteint, je tourne en rond pour trouver la suite du sentier et là je galère vraiment car mes pieds me font trop souffrir. Je peste contre les infos que j'ai sur le parcours. J'ai fait le village dans tout les sens. Enfin je vois deux hommes et une femme qui discutent, je vais leur demander mon chemin. La femme me dit « j'vous r'connais vous, j'vous ai vu tout à l'heure, vous traversiez la route qui coupe le sentier en face » en me montrant du doigt la montagne de l'autre côté, «vous avez fait vite dites donc », ... mouai, ben si elle savait à quel point j'ai l'impression de me traîner et à quel point le temps me parait long dans mes foutues godasses de m...e. Pardon ... de marche...
En tout cas très gentils tout les trois. Un des gars c'est proposé de m'accompagner jusqu'au chemin.Cool. « Au r'voir m'dame, au r'voir m'sieur ». . Me voilà à retraverser le village dans l'autre sens avec le gar. J'avais vu le grand parking sur la gauche en arrivant, le chemin est planqué dans le fond. « Merci beaucoup, au r'voir m'sieur ! ».
C'est bien fait pour moi, la prochaine fois je tacherai d'acheter une carte « TOP 25 ».
... Raaahhh làlàààà !!! ... ça mooonnnte !!!.
Je vais essayer d'en faire un max, il est encore tôt, en plus au point où en sont mes pieds il vaut mieux que je continue parce que demain matin, à froid ... En gros l'enfer c'est pour demain. En ce moment ils occupent une grande partie de mon esprit, je suis obligé de gérer la douleur à chaque pas. En fait, heureusement qu'il n'y a personne, je doit ressembler à Bourvil quand il a mit les chaussures trop petite de De Funès dans « La Grande Vadrouille ».
Il y a des beaux endroits où je pourrais installer le camp. Des feuilles dorées tapissent le sol. C'est magnifique. Je ne m'attarde pas car la nuit va vite tombée. J'aperçois une barrière en haut, fini de monter. C'est l'entrée du Domaine des Courmettes. Super, y a du plat, c'est bien pour m'installer.
Ha, un panneau avec des instructions. Je lis. ... « Bivouac interdit ». Et m...e.
Je redescends un peu jusqu'à un terrain qui vient d'être nettoyé sans doute par les services des eaux et forêts. Je vais jusqu'au bout, presque au bord d'où je vois une bonne partie des gorges, et pour m'éloigner le plus possible du sentier afin d'être tranquille.
Voilà. Un des moments que je préfère. Celui ou je déballe tout.Celui où je vais installé mon bivouac, mon petit cocon. C'est l'instant où je vais pouvoir me relâcher le plus.
L'abri est enfin monté, j'installe tout, le duvet, matelas, etc...
Seize heure quarante cinq, il fait presque nuit.
... A SUIVRE ...