Demain ça va être vraiment dure.
Et maintenant ... LA BOUF..., soupe, pain, jambon, banane, biscuits, et pour couronner le tout, une bonne verveine menthe bien chaude car il fait froid et humide. Je n'ai pas besoin de plus que cette simplicité. Mais quel pied !!!
Tout a une autre dimension. Par exemple, quand j'allume le réchaud, le son que fait la flamme, est divin, le craquement du pain quand je le coupe et que je mord dedans, le goût des aliments devient une bénédiction. Ici tout reprend sa place. Son importance.
J'allume ma bougie pour lire un peu. Ca fait parti du rituel. Je lis une demi heure seulement car la bougie ce n'est pas l'idéal. J'ai ma petite lampe frontale, mais je ne veux pas que l'on me repère.
J'éteins tout et je regarde un peu les étoiles, et au loin, les petites lumières des villages éparpillés sur les montagnes. C'est beau ... de loin.
C'est dingue que cette toute petite chose qu'est l'homme, puisse faire d'aussi grandes conneries. Enfin bref ...
Je me couche. Un autre moment que j'aime ... le son des fermetures éclaire de l'abri et du duvet quand je m'emmitoufle dedans. J'ai quand même mis ma polaire car il fait froid. Je suis à environ 1200 m. fin novembre et les nuits deviennent longues.
Au milieu de la nuit je suis réveillé par des bruits bizarres. Le temps de me réveiller, d'écouter et de comprendre. Des sangliers sont là, autour de moi. Je reconnais leurs grognements. Ils doivent chercher à manger. Ils sortent beaucoup la nuit et moins le jour d'après ce que j'ai entendu dire. Sauf quand des gros connards de chasseurs viennent les emmerder.
Heureusement, je prends toujours la précaution de ne jamais rien laisser à l'extérieur. Surtout la nourriture et des vêtements et chaussures qui dégagent des odeurs plus fortes. Ils déchiquetteraient tout.
Je me réveil à cinq heures. J'ai froid et mal au dos. Je ne sais plus trop comment me mettre. Je prend des comprimés pour la douleur et fini par me rendormir vers six heure moins le quart.
Je me réveil à nouveau vers sept heure et cette fois ci définitivement. Je traîne dans mon duvet car dehors il fait trop froid. Et l'idée de devoir remettre mes chaussures, ne me motive pas.
Bon, faut y allé ... j'y vais ...
Je commence par ouvrir la tente et me penche un peu à l'extérieur. Je ne me suis pas trompé, à gauche, juste à côté de moi, la terre est complètement labourée. C'était bien des sangliers.
C'est trempé partout, je peu pas marché pied nus. Je remets de la pommade et des pansements propres sur mes ampoules, et me chausse. Ca ne va pas du tout. J'ai beaucoup de mal à marcher. Je vais pisser un bon coup, se serra déjà ça de fait.
Je me fais un thé brûlant avec des biscuits. Ca fait du bien avec ce froid et ça m'aide à démarrer. Je remballe tout et vers neuf heures je décolle. Je savais qu'aujourd'hui serra un enfer. Je progresse en faisant des petits pas avec une démarche un peu spéciale. Je passe la barrière qui délimite le domaine des Courmettes. Sur les infos que j'ai, je n'ai pas de précisions sur la direction à suivre. Alors je fais ce qui est plus logique et surtout le plus court. Je laisse le chemin qui part à gauche puisqu'il ne correspond pas vraiment à la direction que je veux suivre. Je prends donc à droite.
Pas de bol. Le sentier a disparu petit à petit et je me retrouve au milieu de rien. Je « navigue à l'estime ». Mais je ne me fais pas de souci pour ça. Le plus important c'est de faire au plus court.
A force de rester concentré sur mes pieds, et l'état du terrain, je ne me suis pas rendu compte que je m'étais approché d'aussi prés d'un superbe cerf et de trois femelles. C'est au moment où ils se sont mis en fuite que je les ai aperçus. Ca c'est passé tellement vite que je n'ai pas pu profité comme il faut du spectacle. Dommage.
Ouf. Un quart d'heure plus tard je fini par retomber sur le bon chemin, une petite route qui redescend dans la bonne direction.
C'est une route à rallonge, je ne compte plus les épingles. Tu croix que ça va être bon, ..., et hop ! ... encore une épingle qui te ramène en arrière. Merde, j'en ai vraiment marre. Et tout ça à cause d'une paire de godasses mal adaptée. Peut être parce qu'elles doivent se faire aux pieds et qu'il leur faut un petit temps d adaptation ? Je ferrai des petites marches en attendant, alors.
Encore une épingle qui me renvoie dans le mauvais sens, mais il y a un chemin d'une centaine de mètres environ qui quitte la route sur l'extérieur et je vois une autre route à l'autre bout qui à l'air d'aller dans la bonne direction. Au point ou j'en suis, j'ai rien à perdre, j'y vais.
Cool, la route va dans la bonne direction. Une demi heure plus tard j'arrive enfin à la voiture. Je prends l'eau et les biscuits qui me restent, et balance le sac à dos dans le coffre. Je ne me met pieds nus et garde quand même les chaussettes pour conduire.
Ca y est, je trouve une place dans la rue et me gare.
Bon sang ! Je n'arrive pas à me rechausser. Trop mal. Temps pi, je rentre en chaussette, y en a pour cinq minutes.
Le Gaulois.




